Voir la beauté du Royaume de Dieu à l’œuvre au milieu de nous

Communauté Chrétienne n° 197 – Janvier 2019

 

L’actualité des dernières semaines de l’année 2018 a pu être lourde et pesante, pouvant nous entraîner dans la morosité et le pessimisme. Et en même temps dans notre église, nous avons pu entendre ces paroles de St Paul :’ Soyez toujours dans la joie ! Ne soyez inquiets de rien’. De quoi pouvons-nous nous réjouir ? La période de Noël et du Nouvel An a pu donner à chacun de belles occasions de se réjouir.

« Nous avons à voir la beauté du Royaume de Dieu qui est à l’œuvre au milieu de nous. » J’emprunte ces paroles à notre évêque lors de la rentrée pastorale en septembre dernier. Et je voudrai en faire le grand vœu pour la nouvelle année à chacun et chacune de vous. Mais qu’est-ce que ce Royaume ? « C’est la beauté de l’amour, même dans un tout petit acte d’amour. C’est la beauté de la solidarité les uns envers les autres selon l’Évangile. C’est la beauté du regard qui ne juge pas. C’est la beauté de la miséricorde qui pardonne alors même qu’on a été blessé. C’est la beauté de la paix intérieure qui rayonne à l’extérieur. C’est la beauté de la justice pour laquelle on souffre en aimant les injustes. Il est beau de s’entraider fraternellement à voir ce Royaume, à voir cet Évangile à l’œuvre au milieu de nous. Nous sommes tous appelés à la conversion du regard intérieur. Il s’agit de passer du regard vers ce qui ne va pas et qui, effectivement, ne va pas au niveau de l’organisation…, à un autre regard qui est en amont, plus profond, et qui voit la beauté du Royaume parmi nous. » paroles de Mgr d’Ornellas.

Joseph

Les membres de l’A.C.O. (Action Catholique Ouvrière) du secteur Nord Ouest ont eu leur A.G. de rentrée le 12 octobre dernier. Voici quelques témoignages et réflexions apportés ce soir-là. Ils concernent la vie de travail aujourd’hui.

« Nous avons constaté, de semaines en mois, et même depuis des années, une dégradation du monde du travail.

Que ce soit le fils de l’une d’entre nous qui, à 50 ans, vit dans la grande précarité à travers les boîtes d’intérim qui l’emploient pour des travaux que personne ne veut faire. Cela entraîne pour lui des problèmes de santé (tendinites). Mais il n’a pas le choix : s’il refuse, il ne peut plus payer son  loyer, il ne peut plus s’acheter de quoi manger…

Ou bien encore l’exemple de l’une d’entre nous qui travaille en maison de retraite, avec des conditions de travail de plus en plus difficiles : le manque de personnel se fait sentir ; il faut aller de plus en plus vite, être rentable ; on oublie que l’on a affaire à des personnes et non à des machines. La pression est difficile à gérer ; le personnel est tellement sous tension qu’il n’y a plus vraiment de solidarité entre collègues, c’est du chacun pour soi ; alors les plus fragiles craquent, c’est le burn-out, la dépression…

Enfin l’exemple d’une autre, qui travaille à la Sécurité Sociale, avec des nouvelles directives pour démanteler tout le système qui, soi-disant, coûte trop cher ; tout cela pour développer les assurances privées. On est loin de l’état d’esprit à la création de la Sécu, il y a 70 ans : ‘ de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins.’ Là aussi, il faut faire du profit. A la CAF, il est prévu de réduire de 36 postes d’ici 4 ans, par le non remplacement des départs en retraite. Certains remboursements ne sont plus assurés : alors certains ne se soignent plus. Les allocations logement sont revues à la baisse, ce qui impacte surtout les ménages avec des revenus modestes. Et ne parlons pas des retraites… Tout ce constat est assez noir, mais nous voulons encore espérer : en ACO, on se sert les coudes, on s’entraide, on se soutient dans nos galères…« 

« Je m’appelle Thierry ; je travaille à la Direction Générale des Finances et Impôts à Rennes depuis 4 ans. Là, on gère les finances des collectivités locales, des hôpitaux, la trésorerie municipale. Avant, j’étais en région parisienne. Je suis syndiqué CGT.
Depuis mon arrivée, je vois une évolution dans le mauvais sens : la mise ne place du prélèvement à la source entraîne des suppressions de postes ; les collègues partis ne sont pas remplacés ; il y a réduction et fermeture de services et de certains centres comme à St Méen le Grand, le regroupement des créances fiscales et des amendes. L’ambiance dans les services s’en ressent : on ne parvient plus à travailler correctement. La pression hiérarchique est très forte.
Le tout internet éloigne les usagers de l’administration. Il n’y a plus personne aux guichets, pas d’accueil, maintenant, c’est un répondeur en sous-traitance. On a l’impression de ne plus rendre un service de qualité. Les promotions sont bloquées. On se demande ce qu’on va devenir ; on a des inquiétudes quant à l’avenir de la Direction Générale des Finances Publiques. On explique cela aux gens. On est bien perçu ; on est encouragé … »

« Je me sens du monde ouvrier par le poids de la hiérarchie…On nous fait comprendre qu’on est là pour travailler et faire un rendement même dans une entreprise adaptée. Il faut travailler vite et bien. Il y a la peur qu’on te dise que tu ne fais pas ton rendement et que l’on t’envoie en ESAT. Le salaire montre bien que je suis du monde ouvrier : je suis au SMIC. Il se vit une certaine solidarité entre nous, au niveau des tâches… »

« Dans A.C.O., il y a le O comme ouvrier, mais aussi O comme OUVERTURE. Chaque personne est unique ; nous devons faire attention aux autres. Je ressens la dimension ouvrière de l’A.C.O. lorsque je rends service autour de moi, en agissant, en étant un ouvrier de paix. De temps en temps, je réfléchis à ce que j’aurai pu faire de mieux, dans le sens d’agir pour les autres. Dans le monde du travail, le Seigneur nous établit comme signes et témoins de son amour… »

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Nous n’oublions pas la colère des Gilets Jaunes en novembre-décembre qui a mis en lumière la vie de plus en plus difficile pour beaucoup et l’inquiétude grandissante des fins de mois… Crise révélatrice d’un malaise très profond et très ancien qui engendre une grande défiance envers les responsables politiques.

Les évêques de France, le 11 décembre dernier, ont publié un appel aux catholiques de France et à nos concitoyens, afin d’engager une réflexion pour sortir de cette crise. Ils proposent notamment 5 pistes de réflexion à explorer dans le cadre de ‘groupes d’échange’ paroissiaux ouverts à tous…dans les semaines à venir. Il s’agit de « susciter partout où ce sera possible des groupes d’échanges et de propositions en invitant largement d’autres personnes, partageant ou non notre foi, qui peuvent être intéressées d’y participer et d’y apporter leurs idées » disent-ils.

Voici les 5 questions :

1/ Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

2/ Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

3/ Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?

4/ Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?

5/ Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits- enfants ?

Les évêques suggèrent de transmettre vos réponses à nos élus. Notre évêque lui aussi sera heureux d’en être informé. (mel : secretariat.archevequerennes@orange.fr)

 

2019 : une nouvelle année… pour bien vivre ensemble ! 

Bonne année !

 

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"A noter dans votre agenda"

En mémoire des 800 ans de la rencontre entre St François d’Assise et le sultan Al-Kamil

Samedi 07 septembre : Rennes - Maison des associations , 6, cours des Alliés - 15h30 :
CONFERENCES du Frère Gwénolé JEUSSET, franciscain et Mr Omero Marongiu-Perria, universitaire musulman, suivies d’échanges :
quel enseignement pour aujourd’hui ?
Entrée libre.

Puis à 19 h, TEMPS CONVIVIAL dans les salles de l’église St Luc de Rennes, rue de Bourgogne, avec repas partagé…

Chrétiens et musulmans, nous sommes appelés aujourd’hui à vivre ensemble une fraternité universelle.

Contact : jopouriel@wanadoo.fr
02 99 14 32 41

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