Actualité

Accueil > Actualité > Parole de l'Évêque

Article paru dans Eglise en Ille et Vilaine n° 174 du 15 mars 2010

Le Carême : appel à aimer en actes et en vérité

Mgr Pierre d’Ornellas
Archevêque de Rennes

Comme je l’ai écrit ici même, le Carême est un temps spirituel. La prière, le jeûne et l’aumône sont les chemins pour retrouver la vraie dimension de la foi chrétienne, celle du « cœur » selon l’Alliance nouvelle annoncée par le Prophète Jérémie( chapitre 31) et accomplie par Jésus, mort et ressuscité (Lettre aux Hébreux 8).

Saint Paul s’en fait le héraut quand il écrit aux chrétiens persécutés de Rome : « L’espérance ne déçoit point car l’amour a été répandu dans nos coeurs par l’Esprit- Saint. » (Rm 5, 5). Prenons-nous assez au sérieux cette intériorité ?

Le temps du Carême est aussi le temps des Catéchumènes qui se préparent à recevoir le Saint Baptême. Ils nous entraînent à redécouvrir le don inouï de notre Baptême et la vie prodigieuse à laquelle celui-ci nous appelle à la suite du Christ : « Soyez saints car moi, votre Dieu, je suis saint. » Prenons-nous assez au sérieux cet appel ?

Comment vérifier que nous prenons au sérieux cet appel à l’intériorité et à la sainteté ? La réponse vient sous la plume de saint Jean : « Celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère. » Il le souligne en nous invitant à « aimer en actes et en vérité ».

Nous voilà au pied du mur ! Bien des questions se posent pour savoir si nous aimons en actes et en vérité. Suffit-il de donner un chèque ? Évidemment, non. Suffit-il de se dévouer pour une cause en pratiquant la médisance, voire la calomnie, vis-à-vis de ceux qui n’épousent pas la même cause ? Évidemment, non. Suffit- il de se battre contre les injustices en ayant le cœur rempli de haine pour ceux qui les commettent ? Évidemment, non. Suffit-il de sourire à ceux que nous rencontrons, en vivant l’hypocrisie de penser du mal d’eux ? Évidemment, non.

Aimer en actes et en vérité ! Nous n’aurons jamais épuisé cette affirmation de l’Écriture Sainte. Elle est au coeur de notre foi. Croire en Jésus-Christ, c’est d’un même mouvement aller vers les plus pauvres en les aimant, c’est donner notre vie pour qu’ils soient heureux. Chacun d’entre nous a sa manière de donner sa vie ! Bien souvent, cela se fait dans le secret et notre Père des Cieux « voit dans le secret ».

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie », nous dit Jésus. Il n’y a pas deux manières identiques de vivre le plus grand amour. À chacun d’entre nous de descendre en son cœur, d’en prendre le temps, de prier et de laisser résonner en lui l’appel personnel qu’il entend pour aimer comme Dieu aime, puis, alors d’y répondre personnellement et vraiment. Les uns en participant à la quête du CCFD ou à l’action du Secours Catholique. Les autres en aidant financièrement une réalisation pour des plus pauvres. Certains en allant visiter des malades ou des prisonniers, ou encore des retenus du CRA(*). D’autres encore en se faisant proches de familles douloureusement meurtries par la crise, ou d’enfants déscolarisés ou de personnes sans toit ou sans papiers. Telle est la dimension sociale de la foi chrétienne : l’amour vrai qui anime, coordonne et donne force à l’action collective pour nos frères dans le besoin.

Le Carême est le temps donné pour retrouver au cœur le cœur de notre foi : aimer en actes et en vérité les plus fragiles et les mettre à la première place dans nos vies. Jésus, le Crucifié, s’est identifié à eux pour qu’en croyant en lui et en l’aimant, nous aimions aussi nos frères et sœurs les plus démunis.

(*) : Centre de rétention administrative

Lire en complément : Vivre le Carême en Ille-et-Vilaine

Haut de page - Imprimer - Mis à jour : Mars 2010

Parole de l'évêque

Intranet

Identifiants personnels

mot de passe oublié ?